Scott Loong de Covera sur l’avenir du courtage d’assurance

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Phil Siarri s’entretient Scott Loong, fondateur de Covera, une startup montréalaise visant à simplifier le processus annuel d’achat d’assurance.

Bonjour Scott. Peux tu nous parler de ton parcours professionnel et de ta startup Covera?

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Après avoir obtenu mon diplôme en droit et un MBA à l’Université McGill ici à Montréal, j’ai commencé ma carrière d’avocat d’affaires. La pire partie de mon travail consistait à faire face à la culture brutale d’un grand cabinet d’avocats, et la meilleure partie était de travailler avec des startups et des entrepreneurs. Alors que je valorisais mon temps dans la «big law», j’ai finalement été en mesure de saisir l’occasion de me joindre à Ferst Capital Partners, un fond de capital de risque et fonderie spécialisé en fintech. J’ai commencé avec eux en 2015 avec le mandat de percer dans le secteur de l’assurance et trouver un modèle d’affaires convaincant.

Covera est le produit de cette recherche initiale qui a été intense. Nous étions environ 12 mois en avance, «Insurtech» n’était même pas un mot à l’époque. J’ai pris contact avec des start-ups liées à l’assurance au Royaume-Uni, en Allemagne, en Suisse, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en France et aux États-Unis. Le but était de comprendre ce qui gagnait de la traction et ce qui était feu de paille. J’ai également fait beaucoup d’entrevues de découverte, où j’ai demandé aux gens de parler ouvertement de leurs impressions et expériences avec l’industrie des assurances.

Un des points de douleur les plus communs que nos futurs clients ont mentionné était le problème récurrent des renouvellements. Lorsque votre police d’assurance pour votre maison ou auto vient à terme, 80–90% des gens vont simplement renouveler sans prendre le temps de magasiner pour des alternatives. Ces données sont frappantes quand vous considérez que les taux de satisfaction parmi les clients d’assurance sont parmi les plus bas parmi tous les produits et services dans l’économie moderne. Alors, qu’est-ce qui maintient tous ces clients en place?

L’histoire de renouvellement typique commence avec un paquet de papiers arrivant sur la porte du client. À 15–20 pages, ces paquets contiennent une tonne de matériel que les clients sont censés trier afin de prendre une décision éclairée quant à savoir si elles devraient magasiner. Bien sûr, ils sont informés dès le départ que s’ils ne se manifestent pas, leur police sera automatiquement renouvelée dans les 30 jours. Il n’est pas surprenant que la plupart ne sont pas motivés à endurer cette corvée et par conséquent, ils deviennent des clients captifs.

Covera fournit une solution numérique pour vous sortir du processus standard de renouvellement d’assurance. Nos clients fournissent des informations clés sur leurs politiques et eux-mêmes, ensuite nous gérons tout pour eux. Afin d’éliminer les frais d’annulation, nous n’effectuons que des changements lorsque vos polices expirent. Si vous êtes déjà placé avec la meilleure compagnie d’assurance possible, nous vous laissons là où vous êtes. Cependant, si vous pouvez obtenir une meilleure couverture en migrant vers un fournisseur différent, nous gérons tous les travaux administratifs nécessaires pour vous faire passer au porteur optimal dans le temps.

Quel est l’avantage de Covera par rapport aux courtiers d’assurance traditionnels?

Les courtiers d’assurance ordinaires sont forcés d’utiliser des logiciels tiers coûteux pour gérer leurs pratiques. Ces systèmes sont construits sur des bases de code qui ont littéralement 40 ans. Pour être plus clair: des interfaces COBOL d’écran bleu qui n’ont même pas la fonctionnalité de la souris.

Nous construisons des outils de back-end qui sont 10 fois plus puissants que ceux disponibles pour les courtiers en place. Alors qu’ils luttent avec les bases telles que la capture de données et l’enregistrement des appels téléphoniques et des courriels, nous utilisons l’IA, l’apprentissage automatique et les processeurs de langage naturel pour automatiser de gros morceaux de la chaîne de valeur de courtage afin que notre équipe d’experts autorisés soient libres de concentrer leur attention sur le meilleur service possible à nos clients.

Quels sont les principaux défis réglementaires pour l’insurtech au Canada?

L’environnement réglementaire au Canada connaît des changements. Il est important de reconnaître que ces règlements ont pour objectif ultime de protéger les consommateurs lorsqu’ils naviguent dans le processus d’achat d’assurance.

Ce que nous avons vu au Canada et ailleurs, c’est que les courtiers en place, qui ont un intérêt direct à maintenir le statu quo, ont tenté de détourner la réglementation pour tenter d’éliminer la concurrence des joueurs de fintech et d’insurtech. Heureusement, notre impression est que les organismes de réglementation canadiens sont sages à ce jeu et ont entamé un processus qui, une fois de plus, place les consommateurs en premier.

Les processus analogiques, périmés et conflictuels déployés dans de nombreuses maisons de courtage sont une menace bien plus grande pour le consommateur que tout ce qui est mis en œuvre à Covera. Pour répondre à ta question, nous ne voyons pas la conformité réglementaire comme un défi au Canada. Nous sommes 100% engagés à respecter toutes les réglementations applicables et les exigences de licence concernant la distribution des produits d’assurance. Nous croyons que les organismes de réglementation placeront d’abord les consommateurs et leurs besoins et préférences qui sont en train de changer. Je suis sincèrement d’avis que Covera sera en mesure de surperformer les courtiers en place sur toute métrique, y compris notre capacité à bien servir nos clients conformément à la réglementation applicable et nos obligations professionnelles en vertu de la loi.

A quel stade êtes-vous dans le cycle de développement de produits? Avez-vous une date approximative de lancement?

Il est fort probable que nous allons vendre de l’assurance habitation et automobile aux Canadiens au premier trimestre 2017. Quand cela arrivera précisément? Je dirais que c’est une cible mouvante. Nous avons reçu l’engagement d’être nommé à titre de courtier pour l’une des plus importantes sociétés d’assurance standard au monde et nous sommes en train de finaliser quelques autres partenariats clés. Nous recrutons activement pour quelques postes importants, et nous avons un peu de travail administratif pour terminer en ce qui concerne l’obtention de notre licence de courtage.

Avez-vous des projets d’expansion au-delà du Canada?

Certainement. Il existe un certain nombre de courtiers d’assurances numériques qui ont commencé le processus de migration de l’Europe vers les États-Unis. Nous prévoyons faire la même chose une fois que nous aurons peaufiné notre technologie et nos processus internes. Il est trop tôt pour parler de calendrier précis pour cette expansion, mais les États-Unis sont un marché sur lequel nous avons des yeux.

Pour finir: est-ce que ton ancienne vie d’avocat d’affaires te manque parfois? Qu’est-ce que l’entrepreneuriat t’a enseigné?

Je ne peux pas imaginer revenir à la «big law». Je crois vraiment que je suis fait pour la vie que je vis en ce moment. La fintech et l’insurtech sont les industries parfaites pour les anciens professionnels, car les fondateurs des startups fintechs et insurtechs sont constamment obligés de naviguer entre le monde de l’entrepreneuriat et de l’entreprise. Même aujourd’hui, je suis prêt à m’habiller en costume / cravate quand l’occasion se présente.

Comme je l’ai dit auparavant, il y a de nombreux avantages à avoir été renforcé par le monde des entreprises. Développer un respect pour la forme, qui parfois a plus d’importance que la substance, c’est important. J’ ai été témoin d’exemples réels de la façon dont la politique de bureau peut détruire la valeur. J’ai aussi appris à lire entre les lignes quand il s’agit de communications formelles et informelles. Toutes ces experiences m’on apporté beaucoup en tant qu’entrepreneur.

La chose la plus remarquable au sujet de mon nouveau rôle est que je contrôle presque toutes mes décisions. Cependant, ce cadre de travail est assujetti à une responsabilité totale et, comme la plupart des fondateurs, j’admets qu’il peut s’agir d’une aventure solitaire à certains moments. Il faut embrasser l’incertitude et s’engager dans le processus. Personnellement, je n’ai jamais rencontré un fondateur qui regrette cette démarche.

Ce texte en français est une adaptation de la version originale anglaise “Scott Loong from Covera on the future of brokerages” publiée sur BankNXT, le 18 janvier 2017.

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