Sam Kawtharani de Seedlify explique le «Capital-as-a-Service​»

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Phil Siarri s’entretient avec Sam Kawtharani, co-fondateur de Seedlify, une start-up montréalaise spécialisée dans le «Capital-as-a-Service» (CaaS) ; ou «capital comme service» en français.

Bonjour Sam. Peux tu nous parler de ton expérience professionnelle et ton entreprise Seedlify?

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J’ai grandi à Beyrouth, au Liban, où j’ai étudié l’informatique et l’ administration des affaires. J’ai quitté le pays en 2006 pour rejoindre une société basée au Royaume-Uni (KnowledgeView) en tant que chef de projet / produit à distance, et j’ai finalement décidé de m’installer au Canada en 2009. Je suis très content de ce choix.

J’ai travaillé dans le milieu des fintechs depuis sept ans, en particulier dans le traitement des paiements et les prêts alternatifs. En tant que chef de produit dans l’espace de prêt, j’ai remarqué comment les produits sont encore structurés de manière traditionnelle. La technologie a évolué, mais le produit du prêt lui-même fait du sur place. Le financement traditionnel ne fonctionne pas pour les startups à croissance rapide. En explorant diverses façons de trouver des capitaux à risque qui soient respectueux de l’entrepreneur, et après m’avoir souvenu de quelques épisodes de Shark Tank, je suis tombé sur un financement basé sur les recettes (le «royalty financing»). C’est à ce moment que j’ai décidé de lancer Seedlify, et j’ai amené mon co-fondateur KC Chan dans cette aventure.

Seedlify est le premier fournisseur de Capital-as-a-Service (CaaS) au Canada, qui offre des financements basés sur les revenus de marché pour les entreprises en démarrage. Notre financement fondé sur les recettes est positionné comme une facilité de crédit qui permet aux entrepreneurs d’avoir accès à du capital flexible pour une croissance à long terme sans les restrictions associées au financement traditionnel de la dette ou à la dilution des actions. Notre approche sans remboursement fixe signifie qu’une entreprise n’est pas mise sous tension.

J’aime considérer Seedlify comme un partenaire à long terme pour nos clients. Nous établissons des relations avec les propriétaires d’entreprises. C’est pourquoi nous l’appelons Capital-as-a-Service; rendre les capitaux disponibles aux entreprises au fur et à mesure de leur besoin. Il est moins risqué pour les prêteurs et les emprunteurs, et plus susceptibles de mener à la réussite à long terme.

Qu’est-ce qui vous a incité à aider les propriétaires de petites et jeunes entreprises? Avez-vous un marché cible spécifique?

Ayant travaillé dans l’industrie des prêts, j’ai remarqué que nos souscripteurs ont rejeté un grand nombre d’applications qui pourraient potentiellement être admissibles s’il existait un produit qui répondait à leurs besoins et à leur modèle d’entreprise. Beaucoup de startups au début de la période de recettes n’ont pas de flux de trésorerie stable pour s’engager à un plan de financement traditionnel. Pour augmenter vos revenus et vos affaires, vous avez besoin de plus d’argent, et malheureusement, il n’y a pas beaucoup d’options. C’est là que nous arrivons — combler l’écart de financement entre le capital risque / anges et le financement traditionnel (banques, etc.).

Seedlify est surtout axée sur l’industrie de la technologie, tels que les logiciels, le SaaS, les services techniques, les médias numériques ou les entreprises similaires en ligne / numériques. Fondamentalement, toute entreprise avec un revenu stable récurrent dans cet espace. En fin de compte, nous prévoyons d’étendre notre produit comme bon nous semble, mais nous voulons rester à l’écart de l’industrie du commerce de détail (surtout les «mom and pop shops»). Nous pensons qu’elle est bien servi en ce moment.

Quels sont les critères minimaux pour être admissible au financement avec Seedlify?

Nos modèles de risques sont encore jeunes, mais nous avons déjà établi nos critères minimums pour pré-qualifier une entreprise. Les critères minimaux de Seedlify sont les entreprises des secteurs que je viens de mentionner (logiciels, SaaS, services informatiques et secteurs verticaux similaires). Parce que nos plans de financement commencent à 25 k $, nous avons besoin d’un minimum de 8–10k $ par mois, de préférence à partir de sources de revenus récurrents. L’entreprise ne doit pas être rentable, mais nous avons besoin d’une marge brute d’au moins 25–30%. Une entreprise paie son paiement mensuel en pourcentage de revenus. Rien de moins que cela peut nuire à leur flux de trésorerie.

Seedlify est membre du Studio Fintech FCP (un hub pour la communauté fintech à Montréal). Comment ce partenariat s’est-il produit? Collaborez-vous avec d’autres entrepreneurs de ce collectif?

Lorsque j’ai commencé Seedlify, je cherchais de l’aide financière pour un projet différent. Je me souviens avoir contacté la communauté des startups de Montréal sur Facebook et j’ai reçu un message de Tim Nixon (PDG de Payment Rails, membre du Studio FCP) et de Philip Barrar (PDG de Mylo, une société du portefeuille de FCP). Donc, j’ai atterri sur leur canal public sur Slack et j’ai rencontré Dom Ferst et Jori Lacroix. Longue histoire: après quelques entrevues / réunions, ils nous ont présenté à la communauté fintech et nous ont offert un espace pour travailler.

Le Studio FCP est un grand espace pour les entrepreneurs en fintech. Il est basé sur le concept de partage des connaissances et de collaboration, ce qui est très important lors du démarrage d’une entreprise. Personnellement, nous avons beaucoup appris, et les différentes discussions que nous avons eues nous ont aidés à orienter notre produit vers le Capital-as-a-Service. Aussi, je pense que les différents événements qu’ils hébergent donnent une grande visibilité aux membres du studio et sont une excellente occasion de réseautage.

Que prévois tu pour l’écosystème des fintechs a Montréal et au Canada dans les cinq prochaines années?

En général, les fintechs au Canada sont deux ans derrière les États-Unis, mais il y a d’espoir et de possibilités.

Je suis personnellement intéressé de voir comment les banques et les régulateurs vont s’adapter à la scène des fintechs qui monte. Cela se produit déjà au Royaume-Uni et aux États-Unis. Je suis convaincu que nous allons commencer à voir une croissance au niveau de l’assurance, du regtech et des monnaies numériques, non pas au niveau des startups seulement, mais également niveau de la réglementation et de la collaboration avec les institutions financières.

Ou en êtes-vous dans le cycle de développement de produit pour le moment? Êtes-vous confrontés à des défis réglementaires en ce qui concerne le modèle CaaS?

Seedlify est actuellement dans la phase de développement de produit minimum viable (MVP), et KC est à la pointe du côté de la technologie et nos stagiaires sont de très bon niveau. Notre plan actuel est de lancer en douceur notre MVP en avril 2017 et de tester notre modèle et plateforme en conséquence. Seedlify inscrit tous les emprunts sur son bilan comptable. Nous sommes donc bien placés au niveau réglementaire, car nous ne traitons pas de titres ou d’instruments similaires. Nous avons juste besoin de suivre les règles régulières de «connaître vos clients» (KYC — know your customer), «connaître votre banque» (KYB — know your bank) et du respect de la vie privée.

Seedlify au-delà du Canada? Est-ce une possibilité?

Notre plan est maintenant de lancer au Canada un produit qui a été essayé aux États-Unis et au Royaume-Uni. Pour l’instant, nous nous concentrons sur le marché local avant d’étendre à d’autres marchés. Le marché américain exige des licences de prêt pour chaque états, et nous essayons de commencer avec prudence au début. Cependant, nous prévoyons de nous étendre au-delà du Canada, et nous distinguons déjà notre produit de la concurrence potentielle sur d’autres marchés.

Ce texte en français est une adaptation de la version originale anglaise “Sam Kawtharani from Seedlify on Capital-as-a-Service” publiée sur BankNXT, le 3 janvier 2017.

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